+

Le Projet Abrrasif: Description

Le Projet Abrrasif est un questionnement de la fonction et de l’impact des médias de masse – notamment les médias d’actualités – dans les sociétés contemporaines. Ce questionnement prend la forme de réflexions théoriques sur les médias d’actualités, mais comprend aussi des commentaires satiriques de thèmes présents dans l’actualité, ainsi que des poèmes. Durant mes études en sciences humaines, j’ai commencé à questionner le processus de communication textuelle en général, essayant d’imaginer si le contenu des informations prévalait sur leur forme. En me concentrant sur les médias d’actualités, j’ai réalisé que s’ils prétendaient en effet fournir de l’information, ce que certains faisaient vraiment était d’habiller l’information de forme afin de créer du divertissement, du spectacle, bref une culture superficielle de l'immédiat et de l'éphémère. La relation entre forme et contenu est cruciale pour la compréhension de la fonction des médias de masse. Trop de gens considèrent comme un acquis que l’information est pur contenu, qu'elle est déshabillée des ornements de la forme. Si on oublie que la forme et le contenu ne peuvent être dissociés, alors on consomme l’information de manière imprudente. Partant du constat que l’information a besoin d’abrasion, le but du Projet Abrrasif est d'engager une réflexion sur le fait que l’information n’est pas purement du contenu, mais qu’elle est enrobée de forme. La simple verbalisation de ce fait n’est pas suffisante. C’est pourquoi la satire et la poésie doivent être utilisées conjointement avec la théorie afin d'initier une conversation sur la consommation de médias d’actualités et attirer l'attention sur le fait que les consommateurs d'information devraient prendre plus de distance critique vis-à-vis des informations qu'ils rencontrent dans les nouveaux médias de masse.
+

Les récits qui nous font (et nous défont)

9 Décembre 2016
Ce n'est pas un sujet dont les gens se soucient plus que ça. Les récits sous-jacents à notre mode de vie personnel, à notre système politique, à nos gestes quotidiens ne constituent pas une priorité dans les esprits. La raison de cet insuccès est peut-être que nombre d'entre nous ignorent jusqu'au fait même que l'humain est constamment tiraillé entre des récits parfois contradictoires qui forment la base de sa moralité. C'est pourtant bien le cas. Avant de continuer, il est important de préciser ce que j'entends par "récit". Un récit est une séquence d'événements arrangés par un narrateur afin de construire une histoire, des effets narratifs et par extension des émotions à son audience. Dans cet article, on pourrait comparer les récits à des "mythes." La différence réside dans le fait que la notion de "mythe" laisse croire que le mythe fondateur est immuable, alors que la notion de "récit" est plus fluide, plus dynamique. Un mythe aurait tendance à ne pas changer, alors qu'un récit peut être "réécrit." Les récits primaires Il y a plusieurs formes de récits primaires qui définissent notre vision du monde et de notre place dans ce monde. On peut citer l'exemple de la paire récit progressiste/récit déclentionniste. Dans le récit progressiste, la séquence d'événement tend vers une amélioration de la situation initiale - on parle alors de "progrès". Dans le récit déclentionniste, au contraire, l'histoire tend vers le "déclin", vers une détérioriation de la situation initiale. Si vous êtes plus réceptif aux récits progressistes, votre intime conviction dans certaines situations sera que cette même situation ne peut aller qu'en s'améliorant; on vous qualifiera d'optimiste. Dans le cas contraire, vous serez taxé de pessimiste qui ne voit qu'une tendance au déclin. Bien entendu, ces prédispositions au progressisme ou au déclentionnisme ne sont pas absolues et ne doivent pas justifier une absence de réflexion. Cependant, ces prédispositions peuvent expliquer pourquoi une personne agira de telle manière lorsque confrontée à telle situation. Prenons un exemple concret. Transposé au sujet de l'environnement et de l'écologie, un récit progressiste mettra l'accent sur l'amélioration des conditions de vie permise grâce à la modernité (et son trio de processus: urbanisation, industrialisation, globalisation), et occultera les ravages causés sur l'environnement par les sociétés humaines contemporaines, principalement occidentales. Dans cette histoire du progrès, on va vers le mieux, et notre société contemporaine est inscrite comme une étape vers une société idéale. Ce récit primaire est le plus répandu de nos jours: nous vivons dans une société "meilleure" que celle qui nous a précédé; nous vivons plus vieux, nous vivons mieux, nous vivons plus heureux. Le capitalisme est ainsi basé sur un récit progressiste qui met en avant les avancées et les progrès réalisés, et qui occulte les injustices et les violences infligées. Un récit déclentionniste de l'environnement et de l'écologie met l'accent sur la marche effrénée du capitalisme vers la destruction d'écosystèmes, vers la réduction de la biodiversité, vers l'instrumentalisation des populations les plus pauvres, qui sont devenues les esclaves du consumérisme et du bien-être des populations les plus riches, et qui sont les plus vulnérables aux changements climatiques. Ce récit déclentionniste est très présent dans les milieux de sauvegarde de l'environnement et de la nature, qui mettent en garde depuis des décennies sur les risques lié à une surexploitation de nos ressources. De plus, ce récit ne reconnaît pas au capitalisme toutes les vertues que les défenseurs et promoteurs de ce dernier lui reconnaissent. De nos jours, nous sommes pris en étau par ces deux récits primaires. D'un côté, nos conditions de vie s'améliorent, et donc le récit progressiste semble être celui qui colle le mieux à notre situation. Mais d'un autre côté, nous sommes constamment exposés aux effets délétères du capitalisme et de la globalisation, et nous sommes hypersensibilisés à certaines causes qui semblent tout droit nous mener vers le déclin de nos sociétés. On peut citer d'autres récits primaires. Les récits d'ouverture poussent à voir l'Autre comme une opportunité, alors que les récits de fermeture incitent à voir l'Autre comme une menace (l'Autre avec un grand A est une manière de penser les groupes de personnes ou de choses qui sont considérés comme étant fondamentalement différentes du Soi). Les récits de partage demandent que les gains générés par la société doivent être redistribués alors que dans les récits d'individualisme les gains doivent être gardés par ceux qui les ont réalisés. On pourrait continuer cette liste de récits primaires ad eternam... Et alors? Malheureusement, ces contradictions font partie de nos sociétés. Il n'y a pas de remède miracle aux tiraillements narratifs et idéologiques dont les citoyens sont les victimes. Nous vivons dans un monde d'incertitude, et les récits primaires ne nous permettent pas de déterminer avec certitudes ce qu'il adviendra de l'humanité. Tout au plus, une conscience exacerbée des conflits inhérents aux récits qui nous font peut nous permettre d'obtenir un peu de sérénité dans le débat. Cela peut nous permettre de mieux cerner les enjeux d'une bonne communication. Cela peut nous inciter à façonner de manière plus consciencieuse les histoires que nous imposons au monde et aux populations, ceci afin de mieux guider les choix démocratiques de ces dernières. Pour résumer, il est important que nous soyons au fait des récits qui nous font, mais aussi au potentiel qu'ont ces récits de nous défaire - en tant qu'humain et en tant que citoyen!
+

Les Médias d'Information et les Biais de Confirmation

15 Novembre 2016
La prison de l'information au 21e siècle Au 21e siècle, nous vivons dans des sociétés où l'accès à l'information est continu et nomade: nous pouvons accéder aux médias de masse quasiment partout et tout le temps. Cette facilité d'accès et cette portabilité sont à double-tranchant, car d'une certaine manière nous sommes aussi prisonniers de l'information. Il devient ainsi très difficile de s'isoler du monde des médias, tant celui-ci est omniprésent autour de nous. En soi, l'ubiquité de l'information n'est pas négative. Elle pose cependant des problèmes lorsque l'information n'est pas reçue par un esprit critique. Nous verrons pourquoi. La participation et la sélection par la popularité Une autre caractéristique du paysage médiatique du 21e siècle est son aspect participatif. Ainsi, les réseaux sociaux, tel Facebook, qui sont en train de devenir les principaux vecteurs de l'information journalistique, n'ont de filtre que la popularité d'un article. Il est en effet établi que les réseaux sociaux ne sélectionnent pas les informations en fonction de l'objectivité, véracité, moralité, légalité, précision ou utilité de ces dernières, mais bien en fonction de leur capacité à drainer les clics. Les réseaux sociaux n'échappent pas à l'économie de marché et au besoin de générer du profit. En d'autres termes, plus un article est lu et partagé, plus il deviendra visible, et donc sera encore plus lu et partagé, un peu comme un effet boule-de-neige. Et plus un article est lu et partagé, plus il rapporte d'argent à son auteur grâce à la publicité. La sélection par la popularité est clairement un problème; elle a des conséquences dramatiques pour la transmission d'information, car non seulement elle crée une homogénisation de l'information, mais en plus elle renforce les préjugés des lecteurs. Je m'explique. L'homogénisation de l'information La première conséquence néfaste de la sélection par la popularité opérée par les réseaux sociaux est l'homogénisation de l'information. Dans des démocraties saines, des points de vue contradictoires sont en constant débat. A travers ces conversations, le public a l'occasion de se faire une opinion éclairée sur un sujet. Le temps de parole de chacun est respecté; la parole dissonante est tolérée; les points de vue minoritaires sont exprimés. La diversité de l'information est donc une valeur fondamentale des démocraties, et la pluralité des médias et des partis politiques en est garante. Ainsi, en Suisse par exemple, Le Temps n'as pas la même ligne éditoriale que Le Courrier, tout comme le Parti Libéral n'as pas la même ligne politique que le Parti Socialiste. Mais avec l'homogénisation de l'information produite par les réseaux sociaux, ce n'est pas la diversité des points de vue qui est mise en avant, mais l'attractivité de l'information. Ce n'est pas la pertinence, mais le spectaculaire qui est privilégié. La sélection n'est plus faite avec un esprit critique, mais avec une volonté d'arrondir les angles, d'aplanir les asphérités afin de générer le maximum de clics, et donc de revenus publicitaires. Le ciblage du lecteur et le renforcement des préjugés L'homogénisation de l'information va de pair avec le renforcement des préjugés. Ainsi, les réseaux sociaux vont cibler les lecteurs et leur offrir des liens vers des articles que les lecteurs vont être le plus enclin à visiter. Ainsi, afin de s'assurer que les lecteurs cliquent, les réseaux sociaux vont leur donner des informations qui plaisent à chaque lecteur individuellement. Ce ciblage est une plaie pour la pluralité de l'information, car il ne va faire que renforcer les préjugés des lecteurs au lieu de les stimuler intellectuellement à se faire une opinion éclairée en recoupant des points de vue opposés. Ce ciblage va augmenter un processus qui est déjà connu: le biais de confirmation. Le biais de confirmation décrit la façon dont un individu va avoir tendance à favoriser les opinions qui renforcent son idéologie et délaisser les opinions qui vont à son encontre. Ainsi, de manière générale on retient plus facilement les informations qui confirment nos intuitions. Alors si en plus, avant même que notre biais de confirmation puisse faire effet, l'information a préalablement été homogénisée et sélectionnée pour nous plaire afin qu'on consomme de la publicité, ce biais de confirmation n'en sera que plus grand. L'effet boule-de-neige en sera mutiplié. Pour une information plurielle La grande angoisse au 21e siècle est que la sélection par la popularité, l'homogénisation des informations et le ciblage pour le profit créent une société d'ignares et de bigots. Il faut le dire clairement: plus on est confronté à des points de vue différents, plus on devient tolérant de l'Autre. En réduisant l'éventail des informations à celles qui vont inciter à cliquer, et donc à consommer, on ne peut que bâtir une société totalitaire et injuste. Afin de garantir la pérennité de nos sociétés du 21e siècle, l'éducation à la complexité du monde et à la tolérance des différences est cruciale!
+

Il faut savoir dire non!

12 Novembre 2016
Après les récentes élections américaines, où le peuple souverain a élu un populiste démagogue, raciste, xénophobe, sexiste, mysogyne, réducteur, manipulateur, manipulé, j'en passe et des moins mûres, beaucoup de gens ont le besoin d'écrire ce qu'ils ressentent. Ils ont besoin de dire "non"! Non! Nous ne sommes pas comme lui! Non! Nous n'approuvons pas son message! Non! Nous n'acceptons pas les raisonnements simplistes! Non! Nous refusons son leadership! Non! Nous ne nous tairons pas! En effet, après la défaite, les opposants au populiste démagogue, raciste, sexiste, etc, et notamment les journalistes et les intellectuels se sont vus reprocher leur aveuglement, leur manque de considération de de la "majorité silencieuse." Ceux que les populistes appellent "les élites autoproclamées" seraient hautaines et dédaigneuses du "petit peuple" ... Ce sont des foutaises! Il faut savoir dire "NON" à ce genre d'analyse comme quoi les "élites" ne prendraient pas en compte le "petit peuple," car c'est une construction verbale qui créé un gouffre entre des groupes de la société! Ce gouffre n'existe pas réellement! Il est créé par les populistes! La réelle différence entre les intellectuels et les cibles du populisme sont que les intellectuels pensent la réalité de manière "complexe" et donc refusent les discours simplistes! Donc il faut savoir dire "NON" à ce genre de commentaires qui scindent, car ils présupposent que "la majorité silencieuse" aurait raison, et que les élites intellectuelles, minoritaires, auraient tort! Il faut savoir dire "NON" car ce discours omet de dire que les "élites" sont souvent plus au fait de la complexité des réalités contemporaines. Eh oui, sans vouloir être arrogant, sans vouloir être élitiste, c'est malheureusement une réalité que nous vivons dans un monde complexe, que sa complexité n'est pas compréhensible de tous et que cette ignorance de la complexité du monde n'est PAS EN SOI UNE QUALITE! Les intellectuels et penseurs qui prennent en compte la complexité du monde dans leur discours peuvent sembler moins attractifs à ceux qui pensent de manière simpliste, mais ça ne change pas que la pensée simpliste et débilisante est PAR DEFINITION incorrecte! Il faut savoir dire NON! à cette vision du monde tronquée! Il faut savoir dire NON! à cette intolérance de la nature complexe de nos sociétés! Il faut savoir dire NON! au populisme et il faut savoir assumer sa vision d'une réalité complexe et irréductible! Dans ce contexte, il faut se rendre à l'évidence: la tâche des futures générations d'intellectuels, journalistes et politiciens sera d'éduquer nos sociétés à la complexité du monde! Il s'agira de faire comprendre que les remèdes simples ne peuvent soigner des maux complexes causés par des facteurs proches et éloignés, visibles ou invisibles, sur lesquels nous avons prise ou pas. Refusons le simplisme, le populisme, la démagogie! Il faut savoir dire NON!
+

L'Avantage de Rien Comprendre...

11 Novembre 2016
Chaque matin, je me lève et regarde l'horizon. Le lever du soleil, la brume émanant de la plaine, la forêt sur le flanc de la montagne sont autant de beautés que je ne peux apprécier car je ne vois pas plus loin que le bout de mon nez. *** L'avantage de rien comprendre, c'est que tout est vraiment simple. L'avantage de rien comprendre, c'est que les réponses à nos maux sont triangles ou rectangles, mais n'ont surtout pas plus - jamais mon Dieu! - pas plus que quatre côtés. L'avantage de rien comprendre, c'est qu'on n'a pas à faire l'effort d'intégrer. L'avantage de rien comprendre, c'est qu'on peut haïr sans penser. L'avantage de rien comprendre, c'est qu'on croit qu'on sait qu'on comprend tout. *** Chaque soir, je me couche et pense à l'avenir, sans réfléchir aucunement à la possibilité de pouvoir éventuellement me tromper.
+

Mal de Démocratie

8 Novembre 2016
J'ai mal à la démocratie, et cette douleur n'est pas prête de s'estomper: la voie des uns reste sans voix, et celle des autres barbote dans le caniveau. J'ai mal à la démocratie, car la stupeur du mâle blanc a broyé l'espoir de voir enfin les choses changer pour les laissés-pour-compte de nos vieilles patriarchies. J'ai mal à la démocratie, et j'ai peur pour les réfugiés des dogmes qui n'oseront même plus se réfugier dans les pays de liberté. J'ai mal à la démocratie, parce que c'est l'idiotie sombre du plus grand nombre qui l'emporte à chaque fois, sans laisser de chance aux visions éclairées des chercheurs de lumières et trouveurs de beauté. J'ai mal à la démocratie, et je sens que vous tous vous souffrez: la douleur collective, la fureur primaire, l'angoisse génocidaire de l'identité unique sont autant de soldats qui affrontent au corps-à-corps un ennemi qui n'en n'était jamais un et qui par tolérance et horreur du conflit ne peut désormais que se cacher derrière des mots d'appaisement pendant que ses enfants, sous les coups du plus fort, pleurent en silence les larmes de la minorité. J'ai mal à la démocratie, car la tyrannie du démagogue s'est infiltrée dans les sols tel du chlore, et a tué les racines de notre forêt commune pour mieux ériger son phallus immobile dans le paysage de la cité. J'ai mal à la démocratie, et la douleur ne va pas s'estomper.
+

Le discours débilisant

22 Janvier 2016
Retour à la récré En observant certaines interventions de certains politiciens dans les médias suisses (et je ne citerai personne pour pas faire de jaloux), que ce soit à la télévision, dans les journaux, ou sur les réseaux sociaux, je me demande (et je suis pas le seul) si on n’est pas de retour à l’école maternelle, plus précisément à la récré. Depuis l’irruption du discours populiste dans nos médias, le niveau intellectuel et moral des débats a plongé pour atteindre des abîmes d’une bassesse inimaginable (et j’ai une imagination débordante). Simplifier pour mieux dominer Une forme de discours débilisant et débilitant est devenue la forme dominante d’expression des partis les plus importants. Le principe du Rasoir d’Ockham, qui pousse à opter pour un nombre de raisons minimum à l’explication d’un problème, a été détourné–non, massacré, égorgé–par les pourfendeurs du discours débilisant. Ainsi, à force de simplifier, on en arrive à préférer offrir une explication simpliste plutôt qu’une explication simple. L’ajout du suffixe "-iste" est malheureusement une tragédie intellectuelle, car l’explication simpliste écarte et exclut les véritables raisons du problème. Le discours débilisant nous induit en erreur. C’est une poudre aux yeux, un voile que l’on appose au monde afin d’atteindre un but, un seul! La promotion des intérêts personnels! Ne nous laissons pas leurrer par les motivations des populistes et des démagogues. Les principales raisons qui sous-tendent leur discours sont électoralistes. C’est une question d’ego, de revalorisation personnelle et identitaire. On n’exclut pas d’autres humains afin de préserver le groupe; cela se ferait dans le monde des bisounours! On exclut d’autres humains afin de se revaloriser, afin de combler ses propres tares, de compenser un complexe d’infériorité, de se mettre en avant, de flatter sa testostérone en se pensant le chevalier blanc des petites gens et des paysans, alors même qu’on appartient à une élite élitiste et élue! Celui qui a l’explication la plus simpliste est de nos jours celui qui pense de manière individualiste. C’est un problème, car en réalité, dans un monde interconnecté par les médias numériques, par les réseaux sociaux, par la facilité des transports, par la circulation de la pollution, et par l’effet global des initiatives locales, c’est bien celui qui se bat pour la complexité, la pluralité et l’incertitude qui offre la vérité à la population sur un plateau d’argent. Mais comment reconnaître que complexité, pluralité et incertitude règnent en maîtres sur les principes de nos sociétés contemporaines quand des pignoufs nous rabachent à longueur de journée que le simplisme est religion et par la même occasion nous rappellent que dans une démocratie débilisée, l’électoralisme démagogique est roi? Tout ça pour dire: on nous prend pour des truffes!
+

La paradoxale liberté d'expression

15 Mars 2013
Quand on parle de "liberté d’expression," tout le monde a en tête un idéal démocratique, un droit que la partie de la population ne faisant pas partie des élites autoritatives a acquis dans le sang dans un passé relativement lointain. Ce droit populaire semble donner à quiconque la possibilité de dénoncer les injustices dont elle est victime, ou alors qui permet à des journalistes héroïques d’ouvrir les yeux du monde sur des situations intolérables–bien que tolérées. La liberté d’expression est donc un droit chéri de tous, dont les aspects positifs sont souvent exacerbés alors que les contradictions internes–que la notion même de liberté implique–sont souvent tues. Bases légales C’est dans la Constitution fédérale de la Confédération suisse que se trouve inscrite en premier lieu la liberté d’expression. Dans le Titre 2 (Droits fondamentaux, citoyenneté et buts sociaux), Chapitre 1 (Droits fondamentaux), Article 16 (Libertés d’opinion et d’information), l’alinéa 2 affirme que "Toute personne a le droit de former, d’exprimer et de répandre librement son opinion". Venue du haut de la pyramide légale, la liberté d’expression semble donc toute-puissante. On a le droit fondamental de dire tout… et n’importe quoi, semble indiquer la constitution, et cela, "Au nom de Dieu Tout-Puissant!," dit le préambule, et à condition que cela soit notre propre opinion. Un idéal décharné Cette liberté d’expression à vocation universelle est un idéal que certains vont chercher sans se soucier des conséquences de leurs actes. Erigée en droit presque divin, la liberté d’expression perd de sa substance et devient abstraite, désincarnée, dépourvue d’un lien avec la réalité du monde; alors que chacun sait que chaque acte–même verbal–a des conséquences, les héros de la liberté d’expression n’en ont parfois cure. Dans la vie quotidienne, nous le savons tous, et nous restreignons quelque peu certaines de nos pensées afin de ne pas nous mettre dans des situations fâcheuses. Idéalement, il devrait en être de même pour les journalistes, qui sont eux aussi des êtres humains vivant dans le monde réel. Leurs paroles ont des conséquences, et la recherche d’un idéal impossible à atteindre ne devrait pas pouvoir être une excuse pour dire tout et n’importe quoi. L’attitude suivante ("Etre libre de dire tout et n’importe quoi, à n’importe qui? N’importe quand? Dans n’importe quel but? Avec n’importe quelles conséquences? Oui, car Dieu nous garantit la LIBERTE D’EXPRESSION!") n’est pas tenable lorsqu’on est conscient que les mots ont un impact. La loi elle-même nous le rappelle, malheureusement en soulevant des contradictions. Les limites de la liberté d’expression… Hypocrisie journalistique oblige, il doit bien y avoir un "mais" ou un "sauf que" attaché à la belle utopie de la liberté d’expression sans limite. Nous aurait-on menti? Oui et non. Cette restriction de la liberté d’expression est plus perverse qu’une simple censure: on a le droit de tout dire, mais on doit respecter certains devoirs, sous peine d’en subir les conséquences légales, si ce qu’on dit contrevient à certaines règles. Ces règles font partie du Code pénal suisse et sont principalement présentes dans le Livre 2 (Dispositions spéciales), Titre 3 (Infractions contre l’honneur et contre le domaine secret ou le domaine privé). Les articles 173 (Diffamation), 174 (Calomnie), 177 (Injure) restreignent l’expression en définissant des infractions contre l’honneur. On n’aurait donc pas le droit de dire ce que l’on pense si cela ternit l’honneur de quelqu’un d’autre. L’honneur, horreur à définir L’honneur, un mot bien grandiloquent qui ne signifie en fin de compte pas grand chose, est le plus souvent inextricablement lié à des notions toutes aussi vagues, telle la dignité morale ou l’estime d’autrui. L’honneur serait un bien moral qui garantit que 1) les autres nous estiment à notre juste valeur et 2) nous nous estimions nous-même à notre juste valeur. Mais n’a-t-on pas le droit d’avoir l’opinion que telle personne n’a pas d’honneur, et que donc il n’y a pas de problème à l’insulter, à la diffamer ou la calomnier? Et dans le cas où cette valeur est de 0, est nulle (dans notre opinion), ou est l’honneur à respecter? On tombe ici dans un sujet très délicat, puisqu’il oppose la définition individuelle qu’une personne se fait d’une autre, à la définition légale de l’individu. Alors qu’au niveau individuel, on a le droit d’avoir une opinion personnelle sur quelqu’un, au niveau légal, les institutions étatiques se doivent d’avoir une opinion universelle qui accorde à chaque individu l’égalité de traitement, et donc l’égalité en terme d’honneur. C’est donc bien un concept fuyant qui est à la base de la restriction–devrais-je dire ce que je pense vraiment, et utiliser le terme "annulation"?–de la liberté d’expression. L’hypocrisie vient simplement du fait qu’afin de protéger l’honneur, on bafoue la liberté d’expression, et donc on la rend caduque. Il y a ici une contradiction irréconciliable qui est pourtant à la base de ce qu’on a le droit de dire ou pas. Une liberté théorique annulée en pratique La liberté d’expression est donc une liberté virtuelle, une liberté théorique, qui, lorsqu’appliquée au monde concret se trouve bien empruntée. Comment garantir l’égalité de tous, lorsqu’on accorde à tous la liberté de penser et d’exprimer qu’on n’est pas tous égaux. Il y a là un véritable vide intellectuel, fruit d’un paradoxe légal, qui cause une censure indirecte: beaucoup ont peur d’exprimer ce qu’ils pensent, sous peine d’être poursuivis pour avoir atteint à l’honneur de l’autre. Les premiers se refusent donc à jouir de leur liberté d’expression car celle-ci est pénalement répréhensible. Dans certains cas, sur certains sujets, on assiste donc véritablement à une annulation de la liberté d’expression, alors que dans d’autres cas, des journalistes bien protégés par leurs journaux, eux, n’hésitent pas à dire tout et n’importe quoi afin simplement de réaffirmer ce droit inaliénable qu’est la liberté de dire des bêtises quelqu’en soient les conséquences. La beauté de notre système est parfois troublante. Etre libre d’être nuisible Une manière de résoudre le problème inhérent aux notions contradictoires de liberté d’expression et de protection de l’honneur serait d’abandonner soit l’une, soit l’autre. Garantir une liberté tout en punissant son usage ne peut être que source d’incompréhension et de déstabilisation du pouvoir étatique. Mais pourquoi ne pas supprimer les deux? Autant la liberté d’expression que l’honneur sont des concepts immatériels, qui semblent plus là pour décorer de bonnes intentions la légalité que pour réellement régler les problèmes liés à l’expression individuelle. En fin de compte, ce que cela créé est l’impression–bien que fausse–qu’on est libre d’être nuisible. La responsabilité de chacun: le bien commun Il faudrait alors que défenseurs du journalisme effréné et de l’honneur inviolable prennent plus en compte la notion de bien commun–ce qui est inclu dans le "bien" et dans le "commun" serait aussi à préciser en prenant compte de l’avis de tous. Ce qu’on doit restreindre est ce qui nuit au bien commun; cela nous permet d’arrêter d’utiliser des termes fuyants qui ne veulent pas dire grand chose et qui sont indubitablement paradoxaux lorsque confrontés l’un à l’autre. Dans ce paradigme de protection du bien commun, l’expression doit être restreinte, mais pas parce qu’elle "atteint à l’honneur de quelqu’un," parce qu’elle nuit au bien de tous! De même, l’honneur de l’un ne doit pas empêcher quelqu’un de dire sa vérité. Ce qu’il faut, c’est un peu de responsabilité personnelle! Arrêtons de nous cacher derrière la liberté et l’honneur, et commençons à prendre notre vie en main!
+

L'illusion de l'objectivité

15 Mars 2013
L’objectivité dans les médias En Suisse, l’objectivité n’est pas inscrite dans la "Déclaration des devoirs et des droits du/de la journaliste" (voir http://presserat.ch/_Declaration_fra_html.htm). Ainsi, il n’est pas directement demandé aux journalistes de rendre compte "objectivement" de la situation qu’ils décrivent ou commentent. D’où vient donc cette idée qu’une journaliste se doit d’être "objective" dans son compte-rendu du monde qu’elle décrit? La réponse à cette question est certainement multiple, mais une piste de réflexion tient dans l’idéalisme qui caractérise la profession de journaliste. En effet, selon la déclaration mentionnée en début de cet article, la recherche de la vérité est le premier des devoirs de la journaliste. Si la déclaration définit le fait qu’il existe "une" vérité, cela signifie que cette vérité est indépendante de la journaliste. Pour éviter de souiller LA vérité, il convient donc d’éliminer le "sujet" de l’équation, d’où l’objectivité de la journaliste. L’objectivité est aussi implicite dans la dénomination même de sous-catégories journalistiques. Ainsi, il existe un journalisme d’investigation–qui comme son nom l’indique est une enquête minutieuse menée dans le but de faire jaillir LA vérité–et un journalisme d’opinion–qui lui consiste à donner son opinion sur des sujets d’actualité. Le premier est objectif alors que le second est subjectif. D’une manière générale, l’objectivité est sûrement requise des journalistes afin que leurs messages ne puissent être taxés de parti-pris. Ainsi, une méthode particulière de recherche et d’écriture, la méthode objective, est censée garantir cette indépendance. Il est évident que si la journaliste peut consciemment faire des efforts visant à faire montre d’une certaine objectivité, inconsciemment elle n’est libre de rien du tout. L’hypocrisie de l’objectivité Le problème avec cette dichotomie du métier de journaliste en une opposition entre objectif et subjectif, entre investigation et commentaire, est qu’elle laisse croire que le journalisme d’investigation est dénué de subjectivité. De fait, de manière erronée, on affirme à la population qu’avec une investigation minutieuse d’une situation, on peut faire émerger des faits véridiques, objectifs, dénués de toute intervention du sujet-journaliste. Il y a une grande hypocrisie que de faire croire qu’on peut représenter le monde de manière objective. L’hypocrisie réside dans le fait qu’on prétend qu’une certaine représentation du monde peut se soustraire dudit monde, alors même que la représentation est verbale, linguistique. Cela revient à dire que le langage est indépendant du contexte dans lequel il est exprimé–indépendant à la fois de la situation décrite par le message verbal, de l’émetteur du message, et du récepteur du message. Le langage serait une entité à part, une entité qui transcenderait le monde dans lequel nous pauvres sujets (non-journalistes) vivons. D’une certaine manière, cela consiste à donner aux journalistes le pouvoir d’énoncer la vérité sans qu’on puisse la mettre en doute, puisqu’elle est objective. Les répercussions d’une telle vision des médias La première répercussion d’une croyance en l’objectivité de la journaliste est l’élévation de cette dernière vers une élite inaccessible au commun des mortels et inattaquable par ces derniers. En d’autres termes, si la journaliste est objective, alors sa parole ne peut pas être critiquée: les journalistes nous offriraient la réalité objective sur un plateau! C’est par ces illusions que l’on crée une génération de gobeurs d’histoire dénués de sens critique. Le deuxième effet d’une telle vision est plus subtil et bien plus profond. En coupant le sujet décrivant de l’objet décrit, on crée l’illusion que la journaliste n’est pas influencée par le monde qui l’entoure, qu’elle est dans une bulle impénétrable et qu’elle observe quasi-scientifiquement ce qui se passe en dehors de la bulle. Par extension, on renforce l’idée que l’organisme humain peut se couper de son environnement, qu’il peut s’en affranchir par le langage et par la science. Cela est bien évidemment erroné. Car bien sûr, la journaliste peut rendre compte du monde seulement si elle a fait l’expérience de ce monde, si elle a été témoin d’un phénomène ou bien si on lui a reporté ledit phénomène. La journaliste n’a accès au monde que par ses sens ou par les sens de quelqu’un d’autres, et être témoin de quelque chose ou vivre quelque chose implique nécessairement la création d’une réaction émotionnelle chez l’humain, réaction émotionnelle qui va elle-même altérer la compréhension de la situation. De par le fait que l’émotion est constamment présente, on ne peut pas rendre compte de LA réalité objective, mais d’UNE réalité subjective. Ainsi, la journaliste met dans son article SA vérité, et non pas LA vérité. Il faut en être conscient. Et alors? En conclusion, il est nécessaire de sortir du schéma de l’objectivité journalistique. Cette dernière n’existe tout simplement pas, tout comme la vérité qu’elle prétend rapporter. Il n’y a pas d’objectivité simplement parce qu’il n’y pas de séparation nette entre la représentation du monde et le monde lui-même. De plus, la journaliste est elle-même prise dans le flux de la vie et il est illusoire de croire qu’elle peut s’en extirper le temps d’un article. Ce vers quoi devrait tendre le journalisme n’est pas l’objectivité donc, mais l’honnêteté! Arrêtons de prendre les gens pour des gobeurs d’histoires dénués d’esprit critique! Au contraire, ayons le courage d’accepter que le compte-rendu objectif n’est qu’illusion: tout n’est que commentaire subjectif, et ce que les gens accepteront est la représentation du monde qui correspondra le plus à leurs représentation intérieure de ce dernier! Si la subjectivité caractérise la journaliste, alors mécaniquement la population préfèrera les journalistes qui font bien leur travail, qui ont un bon sens critique, qui arrivent à faire jaillir une vérité qui semble raisonnablement logique. La subjectivité journalistique devrait sélectionner les meilleurs journalistes. Il n’y pas besoin d’une notion d’objectivité inatteignable et mensongère pour faire cela! En fin de compte, la subjectivité n’est pas une honte et l’objectivité est un mensonge, laquelle de ces deux notions choisir pour définir le travail de journaliste?
+

La recherche (impossible) de la vérité

15 Mars 2013
Qu’est-ce que la "vérité"? La vérité est un concept complexe qui échappe à toute définition précise. En termes journalistiques, la vérité est une représentation du monde qui est conforme avec le monde. Il y a donc dans la notion de vérité une corrélation entre le signifiant (le message journalistique) et le signifié (la situation que le message décrit). Le problème du concept de vérité est qu’il implique un jugement subjectif. En effet, la conformité de la représentation avec la situation représentée n’est pas automatique. Cette conformité entre signifiant et signifié est accordée ou non par la récepteur du message. En effet, le monde est perçu subjectivement par chaque être humain. Parfois il existe des petites variations dans la compréhension du monde, d’autres fois les variations sont considérables. La vérité de l’un peut être perçue comme un mensonge par un autre, et cela sans qu’il y ait intention explicite de mentir. Ainsi, il n’existe pas UNE vérité, mais DES vérités. L’impossible devoir du journaliste La "Déclaration des devoirs et des droits du/de la journaliste" (voir http://presserat.ch/_Declaration_fra_html.htm) déclare comme principe premier la "recherche de la vérité". Mais dès lors qu’il existe un nombre de vérités égal au nombre d’être humains, comment parvenir à LA vérité, l’unique, celle qui est indubitablement réelle–celle qui n’existe pas? La réponse est que cette recherche de la vérité est impossible, car la proposition elle-même est impossible. Le métier de journaliste en Suisse est donc basé sur une antinomie: il faut rechercher la vérité alors même que cette dernière n’existe pas. Il y a dans cette situation une incongruité frappante, qui non seulement rend caduque le principe fondamental du métier de journalisme, mais berce la population d’illusions qui au final sont néfastes pour la société: les journalistes disent LA vérité. Au contraire, les journalistes devraient se targuer de dire LEUR vérité–sous-entendu, leur version de la vérité–et non pas LA vérité. Comment prétendre rechercher la vérité alors même que le principe de vérité est en réalité un mensonge. Cela ne discrédite-t-il pas la profession? Quid des faits? Certains répondront à cette attaque du principe de vérité qu’il y a des faits objectifs, indépendants du sujet-observateur, qui ne peuvent être remis en cause. Ces faits constituent LA vérité, et le devoir du journaliste est d’exposer ces faits à la population afin que cette dernière puisse se faire une idée subjective de la réalité objective. Il faut aussi se défaire de cette illusion de faits objectifs et indépendants du sujet. Si il ne faut nier l’existence d’objets extérieurs à la subjectivité de chacun, il faut rejeter l’idée qu’on puisse y accéder. Plus précisément, la réalité objective n’existe qu’en théorie, car à partir du moment où elle est appréhendée par le sujet, elle cesse d’en être indépendant. Ainsi, les faits deviennent subjectifs dès lors qu’ils sont observés et racontés. Un exemple qui démontre l’impossibilité d’accéder à la vérité objective est que lorsqu’on raconte un fait, un événement, on est obligé de synthétiser, de raccourcir, parfois d’analyser ou même de recréer des liens de causes à effets. Cet habillage des faits, ou ce déshabillage, souille la vérité et en fait une représentation de la vérité parmi d’autres. En d’autres termes, les faits existent, mais c’est uniquement à la représentation des faits que les êtres humains ont accès. Pourquoi rechercher la vérité alors? La recherche de la vérité est une cause noble qui idéalise le métier de journaliste. Bien plus que l’idéaliser, elle le protège aussi, en lui garantissant l’indépendance vis-à-vis des autres métiers de la communication, tel que la politique par exemple. Si les partis politiques donnent leur version de la réalité, la presse doit s’en extirper afin de mener à bien son rôle de contre-pouvoir. Cependant, il n’est pas normal de baser toute une profession sur une incongruité, surtout quand cette incongruité donne l’illusion de fournir une information universelle et absolue. Au contraire, je pense que la recherche de la vérité devrait être abolie de la "Déclaration des devoirs" sous peine de discréditer le message journalistique. Le métier de journaliste peut très bien être accompli sans la notion de recherche de vérité. A mon sens, le principe primordial qui régule le métier de journaliste est l’honnêteté intellectuelle, c’est à dire la capacité à transmettre une information avec laquelle la journaliste est en accord au plus profond d’elle-même. Sans revendiquer une universalité absolue de sa parole, la journaliste devrait revendiquer l’honnêteté de sa démarche, sa volonté d’utiliser sa subjectivité afin de rendre compte de sa version des faits.
Liens: Le Maillage du Genevois | Particles of Meaning | ArnaudBarras.ch