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Critical, creative and digital writingEcriture critique, créative et numérique

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Cycle 1 sur 6!

Cette parenthèse dans ma vie, la belle pomme moisie, arrive à la fin de son premier cycle, le premier de six. Un sixième de l'hospitalisation... Je ne sais quoi penser. Je balance entre courage et découragement, entre anticipation et réticence. Le temps est long, mais en même temps, je peux écrire, lire, écouter de la musique, profiter de ces temps morts hospitaliers pour laisser court à mon imagination, chose que je j'avais dû laisser de côté cette année où la fatigue me plombait au travail, et où mon merveilleux fils Ayden et mon amour de femme Leslie étaient ma priorité. C'est difficile à dire, mais je ne peux m'empêcher de culpabiliser que ma femme et mon fils ne soient pas ma priorité absolue en ce moment. Bien sûr j'aimerais être là pour eux tout le temps, mais je ne peux me mouvoir, je ne peux pas m'occuper d'Ayden quand je suis connecté à tous ces tubes remplis de poisons guérisseurs. Cette réalisation me fait mal. Du moins sur le court terme. Je sais évidemment que si je veux être avec eux sur le moyen et long termes, la chimiothérapie est un passage obligé. Ce n'est pas un choix. C'est une obligation. M'occuper, c'est aussi rester en bonne santé, ne pas déprimer, et c'est tout aussi nécessaire que je garde une psyché sereine pour pouvoir revenir plus fort à la maison. Cela étant dit, je n'arrive pas à me sortir de la tête qu'en ce moment, là maintenant à l'instant, eh ben je les laisse tomber. ... Pfiou. J'ai demandé de l'aide psychologique à l'hôpital, et l'écrire m'émeut. C'est la première fois de ma vie que je me sens dans une situation d'impuissance pareille. Mais je préfère ne pas attendre d'être au fond du gouffre avant de demander de l'aide. J'ai aussi demandé de pouvoir avoir des séances d'hypnose et auto-hypnose pour pouvoir mieux gérer l'attente et les possibles nausées et autres désagréments causés par le traitement. Mon docteur va probablement me les prescrire en ambulatoire; ça me fera un peu sortir et ça m'occupera quand je serai à la maison entre deux cycles de chimio. Avant de terminer, j'aimerais mettre les choses au clair. Il faut savoir que j'écris ce que je ressens au moment où je le ressens, et je sais que ça peut faire peur à certains, les inquiéter d'accéder à mes états d'âme sans moults filtres. Mais je tiens à le dire: Je vais bien! J'ai des hauts et des bas moraux, des hauts et des bas physiques, mais la belle pomme moisie ne m'aura pas. Je ne la croquerai pas. Je ne veux pas goûter de son savoir mortel, car j'ai soif de la vie et j'ai une faim de continuer à tous les jours apprendre à mieux la connaître. Je veux voir Ayden grandir et lui montrer qu'un homme peut être résilient et vulnérable, compassionnel et brave, patient et impatient à la fois. Je veux montrer à Leslie tout l'amour que je lui porte, à chaque instant de ma vie, toute l'affection que j'ai pour elle et je veux lui dire qu'elle est une ressource incroyable, un pilier pour moi et Ayden, mais qu'elle doit aussi penser à elle car si cette parenthèse de vie n'est pas facile pour moi, elle l'est encore moins pour elle, elle, ma femme adorée, qui porte sur ses épaules notre famille depuis quelques semaines et pour quelques mois encore.
Cette parenthèse dans ma vie, la belle pomme moisie, arrive à la fin de son premier cycle, le premier de six. Un sixième de l'hospitalisation... Je ne sais quoi penser. Je balance entre courage et découragement, entre anticipation et réticence. Le temps est long, mais en même temps, je peux écrire, lire, écouter de la musique, profiter de ces temps morts hospitaliers pour laisser court à mon imagination, chose que je j'avais dû laisser de côté cette année où la fatigue me plombait au travail, et où mon merveilleux fils Ayden et mon amour de femme Leslie étaient ma priorité.
C'est difficile à dire, mais je ne peux m'empêcher de culpabiliser que ma femme et mon fils ne soient pas ma priorité absolue en ce moment. Bien sûr j'aimerais être là pour eux tout le temps, mais je ne peux me mouvoir, je ne peux pas m'occuper d'Ayden quand je suis connecté à tous ces tubes remplis de poisons guérisseurs. Cette réalisation me fait mal. Du moins sur le court terme. Je sais évidemment que si je veux être avec eux sur le moyen et long termes, la chimiothérapie est un passage obligé. Ce n'est pas un choix. C'est une obligation. M'occuper, c'est aussi rester en bonne santé, ne pas déprimer, et c'est tout aussi nécessaire que je garde une psyché sereine pour pouvoir revenir plus fort à la maison. Cela étant dit, je n'arrive pas à me sortir de la tête qu'en ce moment, là maintenant à l'instant, eh ben je les laisse tomber.
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Pfiou. J'ai demandé de l'aide psychologique à l'hôpital, et l'écrire m'émeut. C'est la première fois de ma vie que je me sens dans une situation d'impuissance pareille. Mais je préfère ne pas attendre d'être au fond du gouffre avant de demander de l'aide. J'ai aussi demandé de pouvoir avoir des séances d'hypnose et auto-hypnose pour pouvoir mieux gérer l'attente et les possibles nausées et autres désagréments causés par le traitement. Mon docteur va probablement me les prescrire en ambulatoire; ça me fera un peu sortir et ça m'occupera quand je serai à la maison entre deux cycles de chimio.
Avant de terminer, j'aimerais mettre les choses au clair. Il faut savoir que j'écris ce que je ressens au moment où je le ressens, et je sais que ça peut faire peur à certains, les inquiéter d'accéder à mes états d'âme sans moults filtres. Mais je tiens à le dire: Je vais bien! J'ai des hauts et des bas moraux, des hauts et des bas physiques, mais la belle pomme moisie ne m'aura pas. Je ne la croquerai pas. Je ne veux pas goûter de son savoir mortel, car j'ai soif de la vie et j'ai une faim de continuer à tous les jours apprendre à mieux la connaître. Je veux voir Ayden grandir et lui montrer qu'un homme peut être résilient et vulnérable, compassionnel et brave, patient et impatient à la fois. Je veux montrer à Leslie tout l'amour que je lui porte, à chaque instant de ma vie, toute l'affection que j'ai pour elle et je veux lui dire qu'elle est une ressource incroyable, un pilier pour moi et Ayden, mais qu'elle doit aussi penser à elle car si cette parenthèse de vie n'est pas facile pour moi, elle l'est encore moins pour elle, elle, ma femme adorée, qui porte sur ses épaules notre famille depuis quelques semaines et pour quelques mois encore.