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Critical, creative and digital writingEcriture critique, créative et numérique

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1 82 2018vivant  

Cycles

Nos vies sont faites de cycles. Nos existences sont des spirales sans début ni fin. Je me trouve pris dans une de ces spirales, attaché à la trame de la vie par tous les coins de mon être. J'en suis particulièrement conscient car dans une semaine, c'est la rentrée. Depuis que je vais à l'école, je ressens une excitation à la venue de cette vieille amie qu'est la rentrée. Même maintenant que je suis enseignant et plus élève, mon être frétille à l'idée de recommencer un cycle aussi bien délimité que l'est l'année scolaire. C'est rassurant d'avoir des repères temporels; ça permet à l'ego de s'identifier sur la spirale de la vie. Dans 7 jours, je pourrai me repositionner comme enseignant, comme faiseur d'apprentissage. La tâche est plus complexe qu'il n'y paraît, et une grande partie de mon attention est accaparée par cette entreprise car j'essaye de prévoir l'imprévisible afin de me préparer au mieux à ce moment crucial qu'est la première rencontre avec les élèves. Dans toute relation, le premier contact avec l'autre est primordial: comme la première couche de neige, si elle est instable alors on risque l'avalanche; comme les fondations de l'immeuble, si elles sont bancales alors on risque l'effondrement. Bien évidemment, les fondations mettent quelque temps à se construire et il est possible de remédier à certains défauts avant de commencer à bâtir, donc il est inutile de se mettre une pression insurmontable. Cela étant dit, il est toujours plus aisé de commencer sur des bases solides que sur des incompréhensions. Comment éviter les incompréhensions au début d'un cycle, quand rien ne permet aux parties en présence de contextualiser les actions et dires de l'autre? C'est une grande question qui a probablement autant de réponse qu'il y a de penseurs. Pour ma part, j'aime me montrer vulnérable de façon décomplexée et franche. Rien ne sert de prétendre être invulnérable quand on ne l'est pas. Pour créer un rapport de confiance, il faut laisser à l'autre une chance de faire preuve de noblesse d'âme, de grandeur d'esprit. En conjonction avec une vulnérabilité assumée, il faut aussi faire montre de conviction, d'assurance. Il faut être droit dans ses bottes si on ne veut pas s'encoubler, après tout. Avoir de la conviction, c'est avoir anticipé les écueils et avoir imaginé des manières de les contourner afin de ne pas laisser à l'autre l'impression qu'on navigue à l'aveugle. Vulnérabilité et conviction font bon ménage lorsqu'elles sont modérées par la modestie, et c'est la troisième qualité du bon faiseur d'apprentissage. Malgré tous les efforts, toutes les anticipations, il se peut qu'on se trompe, qu'on fourche, qu'on vexe, qu'on vacille, bref qu'on s'engage dans la mauvaise voie. Lorsqu'on se trompe de chemin, il vaut mieux rebrousser avant de se perdre. La modestie, c'est la capacité à revoir sa position afin d'arriver à destination sans trop d'encombres. Nos vies sont faites de cycles. A chaque cycle, on apprend un peu plus du précédent, et c'est cela qui fait la beauté de la rentrée dans l'enseignement. Chaque mois d'août, on a l'occasion de tout recommencer, de tout réinventer, de faire les ajustements nécessaires, et de voir où nos efforts nous mènent.
Nos vies sont faites de cycles. Nos existences sont des spirales sans début ni fin. Je me trouve pris dans une de ces spirales, attaché à la trame de la vie par tous les coins de mon être. J'en suis particulièrement conscient car dans une semaine, c'est la rentrée. Depuis que je vais à l'école, je ressens une excitation à la venue de cette vieille amie qu'est la rentrée. Même maintenant que je suis enseignant et plus élève, mon être frétille à l'idée de recommencer un cycle aussi bien délimité que l'est l'année scolaire. C'est rassurant d'avoir des repères temporels; ça permet à l'ego de s'identifier sur la spirale de la vie. Dans 7 jours, je pourrai me repositionner comme enseignant, comme faiseur d'apprentissage. La tâche est plus complexe qu'il n'y paraît, et une grande partie de mon attention est accaparée par cette entreprise car j'essaye de prévoir l'imprévisible afin de me préparer au mieux à ce moment crucial qu'est la première rencontre avec les élèves. Dans toute relation, le premier contact avec l'autre est primordial: comme la première couche de neige, si elle est instable alors on risque l'avalanche; comme les fondations de l'immeuble, si elles sont bancales alors on risque l'effondrement. Bien évidemment, les fondations mettent quelque temps à se construire et il est possible de remédier à certains défauts avant de commencer à bâtir, donc il est inutile de se mettre une pression insurmontable. Cela étant dit, il est toujours plus aisé de commencer sur des bases solides que sur des incompréhensions. Comment éviter les incompréhensions au début d'un cycle, quand rien ne permet aux parties en présence de contextualiser les actions et dires de l'autre? C'est une grande question qui a probablement autant de réponse qu'il y a de penseurs. Pour ma part, j'aime me montrer vulnérable de façon décomplexée et franche. Rien ne sert de prétendre être invulnérable quand on ne l'est pas. Pour créer un rapport de confiance, il faut laisser à l'autre une chance de faire preuve de noblesse d'âme, de grandeur d'esprit. En conjonction avec une vulnérabilité assumée, il faut aussi faire montre de conviction, d'assurance. Il faut être droit dans ses bottes si on ne veut pas s'encoubler, après tout. Avoir de la conviction, c'est avoir anticipé les écueils et avoir imaginé des manières de les contourner afin de ne pas laisser à l'autre l'impression qu'on navigue à l'aveugle. Vulnérabilité et conviction font bon ménage lorsqu'elles sont modérées par la modestie, et c'est la troisième qualité du bon faiseur d'apprentissage. Malgré tous les efforts, toutes les anticipations, il se peut qu'on se trompe, qu'on fourche, qu'on vexe, qu'on vacille, bref qu'on s'engage dans la mauvaise voie. Lorsqu'on se trompe de chemin, il vaut mieux rebrousser avant de se perdre. La modestie, c'est la capacité à revoir sa position afin d'arriver à destination sans trop d'encombres. Nos vies sont faites de cycles. A chaque cycle, on apprend un peu plus du précédent, et c'est cela qui fait la beauté de la rentrée dans l'enseignement. Chaque mois d'août, on a l'occasion de tout recommencer, de tout réinventer, de faire les ajustements nécessaires, et de voir où nos efforts nous mènent.