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Critical, creative and digital writingEcriture critique, créative et numérique

 ? 𝞪/A
6 00 2018vivant  

Dévouement

Presque deux mois sans écrire. Presque deux mois sans penser. Presque deux mois sans sourire, sans chanter, ni vieillir. Je reprends le chemin de l'écrit pour parler du dévouement, ce mode d'existence qui veut qu'on consacre sa vie à l'autre avec abnégation. On en a besoin du dévouement, car il est moteur de beauté, d'amour, et vérité. Mais l'abnégation a ses limites, et le dévouement aussi. Lorsque celui qui voue sa vie à l'autre se consume jusqu'à devenir des cendres soufflées au loin par la plus douce des brises, alors l'abnégation devient positivement toxique car vecteur de mort. Dans ces cas, c'est la mort dans l'âme que l'on meurt de l'âme et qu'on se laisse aller vers l'oubli en oubliant l'autre jusqu'au déni. Pour enseigner, il faut une sorte de dévouement, bien que certains arrivent aussi à le faire de manière plus détachée. Personnellement, je m'implique dans la cause, je m'explique à moi-même les raisons qui me font enseigner, et je réplique aux détracteurs mal avisés que rien ne devrait entraver l'apprentissage, même pas la politique, surtout pas la politique. Quand on est enseignant dévoué, on est sensible aux symboles et aux messages plus ou moins explicites, plus ou moins ravageurs. Sans dévouement, ceux d'entre nous qui s'impliquent deviennent des machines à dire et perdent l'envie d'être des faiseurs d'apprentissage. Ne laissons pas la politique et l'économie du résultat, de la compétence, et du profit nous écarter de la voie du dévouement. Mais ne nous laissons pas non plus consumer par la machine indéniablement dévastatrice qu'est la réduction des coûts à des fins politiques. Osons choisir l'investissement dans le futur, car sans dévouement des enseignants, pas de futur pour nos enfants.
Presque deux mois sans écrire. Presque deux mois sans penser. Presque deux mois sans sourire, sans chanter, ni vieillir. Je reprends le chemin de l'écrit pour parler du dévouement, ce mode d'existence qui veut qu'on consacre sa vie à l'autre avec abnégation. On en a besoin du dévouement, car il est moteur de beauté, d'amour, et vérité. Mais l'abnégation a ses limites, et le dévouement aussi. Lorsque celui qui voue sa vie à l'autre se consume jusqu'à devenir des cendres soufflées au loin par la plus douce des brises, alors l'abnégation devient positivement toxique car vecteur de mort. Dans ces cas, c'est la mort dans l'âme que l'on meurt de l'âme et qu'on se laisse aller vers l'oubli en oubliant l'autre jusqu'au déni. Pour enseigner, il faut une sorte de dévouement, bien que certains arrivent aussi à le faire de manière plus détachée. Personnellement, je m'implique dans la cause, je m'explique à moi-même les raisons qui me font enseigner, et je réplique aux détracteurs mal avisés que rien ne devrait entraver l'apprentissage, même pas la politique, surtout pas la politique. Quand on est enseignant dévoué, on est sensible aux symboles et aux messages plus ou moins explicites, plus ou moins ravageurs. Sans dévouement, ceux d'entre nous qui s'impliquent deviennent des machines à dire et perdent l'envie d'être des faiseurs d'apprentissage. Ne laissons pas la politique et l'économie du résultat, de la compétence, et du profit nous écarter de la voie du dévouement. Mais ne nous laissons pas non plus consumer par la machine indéniablement dévastatrice qu'est la réduction des coûts à des fins politiques. Osons choisir l'investissement dans le futur, car sans dévouement des enseignants, pas de futur pour nos enfants.