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Critical, creative and digital writingEcriture critique, créative et numérique

 ? 𝞪/A
0 21 2014maillage-du-genevois  

Effervescence

Chaque jour ou presque mon regard se pose sur les miroirs de notre monde, ces drapeaux bariolés qui parsèment la place et qui donnent au matin des couleurs inédites. Chaque jet d'eau qui jaillit de l'étendue bétonnée ouvre à mon imagination des mondes lointains. J'entrevois dans ces fissures cosmopolites des modes de vie et des façons de faire de l'ailleurs, qui enrichissent par leur présence le temple de la paix. Dans ces lignes de réfraction, un discours s'articule: mon espace personnel s'enrichit d'ifférence. La contemplation de la complexité humaine bouscule la tour isolée de mon savoir et fait trembler mes convictions jusqu'à les faire s'écrouler une par une en un amas de gra- -vas. Je converse avec le monde et accepte son retour: ce dialogue intérieur par lequel je cartographie l'Humain m'étire et m'étiole mais m'offre aussi l'Amour: dans l'allégresse du jour, je danse avec l'Autre et je transcende mon isolation, jusqu'à enfin apprécier l'effervescence du multiple. Le feu passe alors au vert, et je dois continuer mon chemin sans discourir. La chaise à trois pieds m'offre un dernier répit et me permet de réaliser la chance que je n'ai pas eu à saisir de vivre cette vie. Le vent glacé qui fouette mon visage me fait pleurer. Ces larmes, qui sont des questions, me font douter: si seulement la majorité pouvait voir en la différence la beauté, peut-être n'aurions-nous plus besoin d'une maison de la paix?
Chaque jour ou presque mon regard se pose sur les miroirs de notre monde, ces drapeaux bariolés qui parsèment la place et qui donnent au matin des couleurs inédites. Chaque jet d'eau qui jaillit de l'étendue bétonnée ouvre à mon imagination des mondes lointains. J'entrevois dans ces fissures cosmopolites des modes de vie et des façons de faire de l'ailleurs, qui enrichissent par leur présence le temple de la paix. Dans ces lignes de réfraction, un discours s'articule: mon espace personnel s'enrichit d'ifférence. La contemplation de la complexité humaine bouscule la tour isolée de mon savoir et fait trembler mes convictions jusqu'à les faire s'écrouler une par une en un amas de gra- -vas. Je converse avec le monde et accepte son retour: ce dialogue intérieur par lequel je cartographie l'Humain m'étire et m'étiole mais m'offre aussi l'Amour: dans l'allégresse du jour, je danse avec l'Autre et je transcende mon isolation, jusqu'à enfin apprécier l'effervescence du multiple. Le feu passe alors au vert, et je dois continuer mon chemin sans discourir. La chaise à trois pieds m'offre un dernier répit et me permet de réaliser la chance que je n'ai pas eu à saisir de vivre cette vie. Le vent glacé qui fouette mon visage me fait pleurer. Ces larmes, qui sont des questions, me font douter: si seulement la majorité pouvait voir en la différence la beauté, peut-être n'aurions-nous plus besoin d'une maison de la paix?