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Critical, creative and digital writingEcriture critique, créative et numérique

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Les images de moi (ii)

Je suis impatient. Heu, pardon. Je suis un patient désormais, et cela implique de me soigner autant que je peux pour ne pas souffrir inutilement lors de ce traitement que tout le monde m'annonce éreintant. Pour me préparer, j'ai demandé à ce qu'on puisse organiser des cours d'auto-hypnose, par exemple, afin de mieux gérer l'attente, l'angoisse, les nausées et autres effets secondaires de la chimiothérapie. Tout le tutti quoi. On verra ce que ça donne, et il faudra probablement demander plusieurs fois, mais c'est un début. Prendre soin de moi, me soigner, c'est aussi soigner mon mental, mon moral afin de ne pas contaminer mes proches avec des émotions négatives. A ce propos, un soignant, Philippe, m'a judicieusement conseillé de ne pas attendre que ça aille mal avant de demander l'aide. Alors en bon soldat/élève, je m'y attèle. Que la vie est empreinte d'ironie! Lorsque je pense à ma situation, je ne peux m'empêcher de me dire cela, car il y a quelques mois, j'étais celui qui conseillait mes "patients" - ceux qui sont aussi appelés "élèves" dans mon corps de métier - et je me retrouve maintenant dans leur position! Ici, à l'hôpital, c'est bien moi qui suis un élève en difficulté. J'ai un souci qui m'empêche de mener à bien ma scolarité. Je dois apprendre à gérer ce souci afin de passer l'année et continuer dans le cursus scolaire qui me convient. Mon cancer est donc à la vie ce que la dyslexie, le trouble de l'attention, la perte de motivation, etc, sont aux études: des problèmes à solutionner en développant des stratégies de contournement, de compensation, voire de rectification ou de réorientation. Comme dans les études, je dois bien me rappeler qu'il y a toujours une solution à un problème. J'aime cette image de moi en élève/patient. Elle me parle et m'offre un moyen de lier mon état de santé à mon état vocationnel. Je suis un prof, après tout, et mes pensées me le rappellent tous les jours.
Je suis impatient. Heu, pardon. Je suis un patient désormais, et cela implique de me soigner autant que je peux pour ne pas souffrir inutilement lors de ce traitement que tout le monde m'annonce éreintant.
Pour me préparer, j'ai demandé à ce qu'on puisse organiser des cours d'auto-hypnose, par exemple, afin de mieux gérer l'attente, l'angoisse, les nausées et autres effets secondaires de la chimiothérapie. Tout le tutti quoi. On verra ce que ça donne, et il faudra probablement demander plusieurs fois, mais c'est un début.
Prendre soin de moi, me soigner, c'est aussi soigner mon mental, mon moral afin de ne pas contaminer mes proches avec des émotions négatives. A ce propos, un soignant, Philippe, m'a judicieusement conseillé de ne pas attendre que ça aille mal avant de demander l'aide. Alors en bon soldat/élève, je m'y attèle.
Que la vie est empreinte d'ironie! Lorsque je pense à ma situation, je ne peux m'empêcher de me dire cela, car il y a quelques mois, j'étais celui qui conseillait mes "patients" - ceux qui sont aussi appelés "élèves" dans mon corps de métier - et je me retrouve maintenant dans leur position! Ici, à l'hôpital, c'est bien moi qui suis un élève en difficulté. J'ai un souci qui m'empêche de mener à bien ma scolarité. Je dois apprendre à gérer ce souci afin de passer l'année et continuer dans le cursus scolaire qui me convient. Mon cancer est donc à la vie ce que la dyslexie, le trouble de l'attention, la perte de motivation, etc, sont aux études: des problèmes à solutionner en développant des stratégies de contournement, de compensation, voire de rectification ou de réorientation. Comme dans les études, je dois bien me rappeler qu'il y a toujours une solution à un problème.
J'aime cette image de moi en élève/patient. Elle me parle et m'offre un moyen de lier mon état de santé à mon état vocationnel. Je suis un prof, après tout, et mes pensées me le rappellent tous les jours.