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Critical, creative and digital writingEcriture critique, créative et numérique

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7 81 2013idees-australiennes  

La rivière de ma vie

Il y a des jours qu'on a attendu des années. Au fil du temps, l'idée de ces jours se perd dans le courant de nos pensées, traverse la longue vallée de notre vie, puis avant de se jeter dans l'océan du futur... la cascade! J'adore les métaphores d'eau. Quand j'ai rencontré Leslie, j'avais appelé cette nouvelle ère Nouvelle Pluie. Mais je digresse, tel le ruisselet rebelle qui s'extirpe du fleuve pour s'y rejeter quelques centaines de mètres plus loin... On n'échappe pas à la cascade! Donc voilà. C'est un peu le sentiment que j'ai à 17 jours de mon départ. L'impression de me précipiter vers une vertigineuse cascade qui me verra m'écraser de l'autre côté du monde, aux antipodes de ce que l'on regarde depuis les années 1970 comme notre petite planète bleue perdue au milieu de l'océan du cosmos. Pour mieux comprendre cette anxiété qui m'habite, cette peur de la chute, il faut remonter à la source de cette rivière immanente à cette phase de vie qui est la mienne. C'était il y a trois ans. Je terminais mon Master en littérature anglaise. Je venais d'apprendre que j'avais obtenu un contrat d'assistant qui courrait jusqu'en 2015, et qui me permettrait d'écrire ma thèse de doctorat tout en enseignant à des jeunes étudiants de Bachelor. C'était dans ce lac de bonnes nouvelles que j'avais rencontré Leslie. Et c'était avec fracas que je devais lui annoncer dès les premières semaines de notre relation qu'afin de poursuivre mon rêve d'enseigner à l'Université, je devrais sûrement partir une année à l'étranger pendant mon doctorat. A ce moment-là, j'entrevoyais la cascade, mais ne pouvait la nommer. J'entrevoyais surtout un marais de démarches administratives qui me prendrait toute l'énergie qu'il me restait. Tout ça en échange d'une angoisse qui suivait le fond de mon lit et qui refaisait surface de temps à autre, histoire de me rappeler que dans cette vie de capital, on n'a rien sans rien, hélas. Maintenant, à 17 jours du départ, après une source ambitieuse, un marais d'angoisse et trois années de bonheur striées de tant d'autres événements heureux que je n'ose essayer de les nommer, me voilà proche de la redoutée cascade. Et bizarrement, je n'attends qu'une chose: sauter et plonger!
Il y a des jours qu'on a attendu des années. Au fil du temps, l'idée de ces jours se perd dans le courant de nos pensées, traverse la longue vallée de notre vie, puis avant de se jeter dans l'océan du futur... la cascade! J'adore les métaphores d'eau. Quand j'ai rencontré Leslie, j'avais appelé cette nouvelle ère Nouvelle Pluie. Mais je digresse, tel le ruisselet rebelle qui s'extirpe du fleuve pour s'y rejeter quelques centaines de mètres plus loin... On n'échappe pas à la cascade! Donc voilà. C'est un peu le sentiment que j'ai à 17 jours de mon départ. L'impression de me précipiter vers une vertigineuse cascade qui me verra m'écraser de l'autre côté du monde, aux antipodes de ce que l'on regarde depuis les années 1970 comme notre petite planète bleue perdue au milieu de l'océan du cosmos. Pour mieux comprendre cette anxiété qui m'habite, cette peur de la chute, il faut remonter à la source de cette rivière immanente à cette phase de vie qui est la mienne. C'était il y a trois ans. Je terminais mon Master en littérature anglaise. Je venais d'apprendre que j'avais obtenu un contrat d'assistant qui courrait jusqu'en 2015, et qui me permettrait d'écrire ma thèse de doctorat tout en enseignant à des jeunes étudiants de Bachelor. C'était dans ce lac de bonnes nouvelles que j'avais rencontré Leslie. Et c'était avec fracas que je devais lui annoncer dès les premières semaines de notre relation qu'afin de poursuivre mon rêve d'enseigner à l'Université, je devrais sûrement partir une année à l'étranger pendant mon doctorat. A ce moment-là, j'entrevoyais la cascade, mais ne pouvait la nommer. J'entrevoyais surtout un marais de démarches administratives qui me prendrait toute l'énergie qu'il me restait. Tout ça en échange d'une angoisse qui suivait le fond de mon lit et qui refaisait surface de temps à autre, histoire de me rappeler que dans cette vie de capital, on n'a rien sans rien, hélas. Maintenant, à 17 jours du départ, après une source ambitieuse, un marais d'angoisse et trois années de bonheur striées de tant d'autres événements heureux que je n'ose essayer de les nommer, me voilà proche de la redoutée cascade. Et bizarrement, je n'attends qu'une chose: sauter et plonger!