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Critical, creative and digital writingEcriture critique, créative et numérique

 ? 𝞪/A
6 11 2014maillage-du-genevois  

Matière à penser

Si l'invisible ne s'offre pas à mon regard et que l'intangible s'évapore d'entre mes doigts, si le silence s'assoupit en vagues muettes et que l'immobile se fige en stase incomplète, alors comment puis-je trouver un sens, une direction à la vie, une emprise sur le réel, une sensation d'immanence et de cohésion? Ces pensées m'agitent! Elles me plongent en moi-même comme dans une chute libre de l'imaginaire. Je pense le corps et mon esprit s'active. Il y a matière à penser quand on pense à la matière. Je ris en silence… L'invisible maintenant se révèle en une avalanche assourdissante dont le vacarme insensé se ressent dans ces propos préparés. L'intangible se transforme en une rectiligne avancée de mots transfigurés par le mouvement de nos yeux et de nos doigts minutieux. Le silence m'apparait: il est la lueur chaude d'une bougie, de mon esprit enguirlandé qui se consume ɑ̃ fragmɑ̃ de lexiqs kalcinés Je trace avec mon index la majeure partie d'un anneau imagé: je serre le poing, je saigne mon âme; l'immobile se cristallise en vapeur de sens qui écorche mes paumes. Il y a matière à penser lorsque l'on pense la matière. Je ressens ces essais comme une susurrante cécité qui m'emporte tout au fond de la vallée de mes pensées. Par le mouvement du visible et du tangible, je romps le silence et ouvre une brèche qui me brûle et m'écume et qui me rend sensible. C'est dans ces moments de sensualité matérielle que je découvre le sens de l'éternel. Dans le silence du mot je trouve le vacarme du corps et l'immanence de l'incommensurable s'impose à moi.
Si l'invisible ne s'offre pas à mon regard et que l'intangible s'évapore d'entre mes doigts, si le silence s'assoupit en vagues muettes et que l'immobile se fige en stase incomplète, alors comment puis-je trouver un sens, une direction à la vie, une emprise sur le réel, une sensation d'immanence et de cohésion? Ces pensées m'agitent! Elles me plongent en moi-même comme dans une chute libre de l'imaginaire. Je pense le corps et mon esprit s'active. Il y a matière à penser quand on pense à la matière. Je ris en silence… L'invisible maintenant se révèle en une avalanche assourdissante dont le vacarme insensé se ressent dans ces propos préparés. L'intangible se transforme en une rectiligne avancée de mots transfigurés par le mouvement de nos yeux et de nos doigts minutieux. Le silence m'apparait: il est la lueur chaude d'une bougie, de mon esprit enguirlandé qui se consume ɑ̃ fragmɑ̃ de lexiqs kalcinés Je trace avec mon index la majeure partie d'un anneau imagé: je serre le poing, je saigne mon âme; l'immobile se cristallise en vapeur de sens qui écorche mes paumes. Il y a matière à penser lorsque l'on pense la matière. Je ressens ces essais comme une susurrante cécité qui m'emporte tout au fond de la vallée de mes pensées. Par le mouvement du visible et du tangible, je romps le silence et ouvre une brèche qui me brûle et m'écume et qui me rend sensible. C'est dans ces moments de sensualité matérielle que je découvre le sens de l'éternel. Dans le silence du mot je trouve le vacarme du corps et l'immanence de l'incommensurable s'impose à moi.