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Critical, creative and digital writingEcriture critique, créative et numérique

 ? 𝞪/A
3 40 2022vivant  

Portail

Je me prends à rêver d'un monde s'ouvrant à moi par le langage de la poésie, ce portail vers des altérités créées. Je ressens parfois de manière assez intuitive que superposé à notre réel se trouve un autre univers. Et j'y aurais accès par les mots. Et j'y aurais accès par l'image. Et j'y aurais accès par cet entre-temps littéraire qui infuse mes moments libres depuis maintenant tant d'années. Quelle étrange sensation que de se sentir ici et là-bas en même temps. Quelle bouffée de folie que de ressentir ce décalage langagier qui me fait voyager - quel cliché - aux recoins d'un espacetemps que nul autre ne comprend. Mais les clés du portail trop souvent se refusent à moi, comme si plus je les cherchais plus elle s'enfuyaient en des points de chute inexistants. Ce n'est pas tant que je n'ai pas les mots pour exprimer ces sensations, mais plutôt que je n'ai pas les sens pour vivre pleinement cette transposition poétique de tout mon être. Quelque chose me manque, ou quelque chose se refuse toujours à moi, bien que j'écrive depuis maintenant plus de 20 ans mes émois en moissons verbales. Alors peut-être, me dis-je, ne trouverai-je jamais la force de m'affaler dans cette altérité que je ressens, ou peut-être que c'est ce seuil, cette liminalité de l'être que je recherche si désespérément lorsque je me mets à écrire. Je ne sais pas trop. Mais je me sens bien, léger, ici et là, maintenant et jadis à la fois, bien centré, bien coincé au milieu du portail. C'est bien cela, l'extase verbale.
Je me prends à rêver d'un monde s'ouvrant à moi par le langage de la poésie, ce portail vers des altérités créées.
Je ressens parfois de manière assez intuitive que superposé à notre réel se trouve un autre univers. Et j'y aurais accès par les mots. Et j'y aurais accès par l'image. Et j'y aurais accès par cet entre-temps littéraire qui infuse mes moments libres depuis maintenant tant d'années.
Quelle étrange sensation que de se sentir ici et là-bas en même temps. Quelle bouffée de folie que de ressentir ce décalage langagier qui me fait voyager - quel cliché - aux recoins d'un espacetemps que nul autre ne comprend.
Mais les clés du portail trop souvent se refusent à moi, comme si plus je les cherchais plus elle s'enfuyaient en des points de chute inexistants. Ce n'est pas tant que je n'ai pas les mots pour exprimer ces sensations, mais plutôt que je n'ai pas les sens pour vivre pleinement cette transposition poétique de tout mon être. Quelque chose me manque, ou quelque chose se refuse toujours à moi, bien que j'écrive depuis maintenant plus de 20 ans mes émois en moissons verbales.
Alors peut-être, me dis-je, ne trouverai-je jamais la force de m'affaler dans cette altérité que je ressens, ou peut-être que c'est ce seuil, cette liminalité de l'être que je recherche si désespérément lorsque je me mets à écrire. Je ne sais pas trop. Mais je me sens bien, léger, ici et là, maintenant et jadis à la fois, bien centré, bien coincé au milieu du portail.
C'est bien cela, l'extase verbale.