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Critical, creative and digital writingEcriture critique, créative et numérique

 ? 𝞪/A
2 22 2014maillage-du-genevois  

Vacarme animal

Je les entends ripailler, s'empiffrer, s'étouffer de toxiques effluves dont les propriétés effarantes tristement n'effraient plus personne. Dans ce vacarme animal, où cohabitent sombres félins, lieux d'érosion maritime, vendeurs de rêves et fondeurs d'armures, la jeunesse s'essaie, et en s'essayant s'attire les foudres des couche-tôt nostalgiques. Lieu de passage désert la journée, la rue du vacarme s'anime la nuit tombée. Les cris et les pleurs se font écho; les rires et les larmes s'accoladent; des accrochages de cols en peine ne cessent d'éclore et des collisions de désaccord décorent la partition du requiem de la fin de semaine. Ce vacarme animal provient des saoules jeunesses qui s'expriment en buvant, en fumant et en oubliant l'intelligence qui caractérise le vivant. Dans ce monde impitoyable, l'homéostasie n'a pas de valeur sociale si ce n'est l'isolation. Les relations profondes se cantonnent à l'intimité physique d'un triste sans-lendemain. A quoi bon créer, se disent-ils peut-être, quand tout est éphémère? A quoi bon durer, se demandent-ils, quand tout peut se détruire? L'espoir est difficile à enseigner dans cette société du tout- tout- de- suite. L'espoir est difficile à susciter dans cette logique du Kapital, car on ne peut pas acheter l'espoir, le vendre, le fumer, ou le boire. Et ça, on ne veut pas y croire. Alors on se conforte dans le vacarme animal des bris de verre et des hausses de ton, et on pense à la jeunesse et au passage du temps. Sans trop y croire, à l'espoir…
Je les entends ripailler, s'empiffrer, s'étouffer de toxiques effluves dont les propriétés effarantes tristement n'effraient plus personne. Dans ce vacarme animal, où cohabitent sombres félins, lieux d'érosion maritime, vendeurs de rêves et fondeurs d'armures, la jeunesse s'essaie, et en s'essayant s'attire les foudres des couche-tôt nostalgiques. Lieu de passage désert la journée, la rue du vacarme s'anime la nuit tombée. Les cris et les pleurs se font écho; les rires et les larmes s'accoladent; des accrochages de cols en peine ne cessent d'éclore et des collisions de désaccord décorent la partition du requiem de la fin de semaine. Ce vacarme animal provient des saoules jeunesses qui s'expriment en buvant, en fumant et en oubliant l'intelligence qui caractérise le vivant. Dans ce monde impitoyable, l'homéostasie n'a pas de valeur sociale si ce n'est l'isolation. Les relations profondes se cantonnent à l'intimité physique d'un triste sans-lendemain. A quoi bon créer, se disent-ils peut-être, quand tout est éphémère? A quoi bon durer, se demandent-ils, quand tout peut se détruire? L'espoir est difficile à enseigner dans cette société du tout- tout- de- suite. L'espoir est difficile à susciter dans cette logique du Kapital, car on ne peut pas acheter l'espoir, le vendre, le fumer, ou le boire. Et ça, on ne veut pas y croire. Alors on se conforte dans le vacarme animal des bris de verre et des hausses de ton, et on pense à la jeunesse et au passage du temps. Sans trop y croire, à l'espoir…