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La pensée interactionnelle

La pensée interactionnelle est une manière de penser la relation homme-monde. La pensée interactionnelle part du principe que l'essence de la vie est l'interaction entre organisme et environnement. Elle prend comme acquis que ce premier ne peut être dissocié du second; si organisme et environnement peuvent parfois sembler séparés, c'est en fait que la façon de conceptualiser la relation homme-monde est erronée. L'assomption de base de la pensée interactionnelle est que la vie consiste en l'interaction entre organisme et environnement. En d'autres termes, tout ce que l'on fait, dit et pense a pour origine cette interaction. Dans cette façon de penser, le monde est dynamique: il est façonné par l'interaction constante entre êtres et choses. La pensée interactionnelle se détache d'une conception répandue de la place des humains dans le monde: le dualisme de sujet et objet. La pensée dualiste affirme que les êtres humains sont des agents subjectifs qui manipulent un environnement objectifié. Dans cette conception erronée, la vie consiste en l'action des humains, alors que l'environnement est inactif, statique et n'est que le réceptacle de la manipulation humaine. De plus, le dualisme de sujet et objet créé une séparation conceptuelle du passif et de l'actif, de l'inanimé et de l'animé, et échoue donc à voir le fait que notre monde est interconnecté. La pensée interactionnelle, elle, n'est pas dualiste; au lieu de voir les sujets humains et les objets environnementaux comme des catégories distinctes, elle les conçoit comme inséparables et s'influençant constamment l'un l'autre. De par ce fait, la pensée interactionnelle refuse la conception statique du monde comme la somme de sujet et objet, mais favorise plutôt une conception où le monde est en fait composé des processus dynamiques des organismes en interaction avec leur environnement. En d'autres termes, la pensée interactionnelle déplace délibérément le curseur de la séparation d'organisme et environnement à l'interaction entre organisme et environnement. C'est est un bond épistémique important! *** Je crois qu'un changement d'attitude de nos sociétés contemporaines vis-à-vis de l'environnement ne peut se produire sans la réalisation antérieure que la vie de l'organisme humain est un processus continu d'interaction. Ainsi, pensée interactionnellement est avant tout comprendre que sa vie est en fait le processus d'interaction avec l'environnement, quoi que ce dernier puisse être. La compréhension que l'on est en interaction continue permet de changer ladite interaction. Cela permet aussi d'échapper à l'essentialisme et au fatalisme qui règnent sur nos attitudes environnementales - vous avez sûrement déjà entendu la chanson "on ne peut rien faire, on n'est pas responsable de cela, alors profitons de la vie pendant qu'on le peut", c'est à cela que je me réfère ici. Dans ce contexte, penser interactionnellement est la première étape dans la modification de notre impact sur l'écosystème global et sur ses sous-écosystèmes. *** La pensée interactionnelle implique une transformation profonde de nos attitudes vis-à-vis de l'environnement, vis-à-vis de "ce-qui-n'est-pas-moi." Cette transformation intellectuelle doit prendre place à un niveau personnel comme institutionnel. Concrètement, passer du dualisme de sujet humain et objet environnemental à l'interactionnalité d'organisme et environnement est loin d'être évident, mais il y a des choses que l'on peut faire à un niveau personnel. Une autre manière de penser interactionnellement est d'arrêter de visualiser ce qui vous entoure comme une surface. Cela induit faussement un sentiment qu'en tant qu'être vertical, vous êtes différent du plan horizontal des choses. De plus, penser le monde comme une surface laisse de côté l'atmosphère - et nous savons grâce à la météorologie qu'elle influence profondément nos vies quotidiennes - et la croûte terrestre - encore, nous sommes plus ou moins conscients de la tectonique de notre planète et de comment elle nous affecte. Au lieu d'une surface, vous devriez essayer de mentaliser le monde qui vous entoure comme un volume, dans lequel les processus ne sont ni horizontaux ou verticaux, mais multidirectionnels. Pour résumer, à un niveau personnel, la pensée interactionnelle est vraiment la compréhension que vous faîtes partie du monde, de l'environnement, et donc que vous n'en êtes pas séparé. La pensée interactionnelle peut être atteinte en déconstruisant les raccourcis linguistiques qui présentent sujet et objet comme des entités dissociées et distinctes. Cela implique une profonde compréhension des processus qui régulent les phénomènes, notamment le processus de la vie. Manifestement, il ne peut être nié que la vue dualiste de la vie est confortable et plutôt plaisante. En effet, il en découle un sentiment de contrôle sur l'environnement et un déni de ce qui est effrayant ou inimaginable. De plus, cette vue dualiste nous libère de plusieurs aspects de notre monde que nous n'avons pas forcément besoin d'avoir à l'esprit constamment. Dans nos sociétés contemporaines, nous sommes libérés des nécessités de connaître l'environnement afin d'y survivre; nous avons simplement besoin de connaître les règles et régulations des différents compartiments artificiels et spatiaux dans lesquels nous vivons. En un sens, les sociétés contemporaines vivent une simulation d'environnement, un simulacre environnemental. Le problème réside dans le fait que les transports, les télécommunications, l'industrialisation et l'urbanisation nous ont donné le pouvoir d'altérer l'écosystème global à une vitesse gigantesque mais avec un contrôle minimal. Très facilement, notre impact sur le monde a énormément excédé notre contrôle sur lui. C'est pourquoi la vision dualiste ne peut plus fonctionner - elle n'a jamais complètement fonctionné, mais maintenant c'est encore plus flagrant: il est en effet maintenant impossible de mesurer exactement les effets de notre mode de vie sur la planète, et c'est un grand danger. *** Ce que la pensée interactionnelle offre est la capacité - grâce à la connaissance de l'interconnexion du monde par l'interaction entre organisme et environnement - de changer de mode de vie; ce n'est pas une question d'avoir plus de contrôle sur l'environnement, mais d'avoir plus de contrôle sur notre interaction avec l'environnement. Il est bien plus facile de changer la façon dont nous vivons, que de changer ce qui a déjà été fait à l'écosystème global. Une façon de changer les choses est donc d'apprécier et d'acquérir la connaissance de notre implication dans le monde, ou en d'autres termes, de penser interactionnellement.
La pensée interactionnelle est une manière de penser la relation homme-monde. La pensée interactionnelle part du principe que l'essence de la vie est l'interaction entre organisme et environnement. Elle prend comme acquis que ce premier ne peut être dissocié du second; si organisme et environnement peuvent parfois sembler séparés, c'est en fait que la façon de conceptualiser la relation homme-monde est erronée. L'assomption de base de la pensée interactionnelle est que la vie consiste en l'interaction entre organisme et environnement. En d'autres termes, tout ce que l'on fait, dit et pense a pour origine cette interaction. Dans cette façon de penser, le monde est dynamique: il est façonné par l'interaction constante entre êtres et choses. La pensée interactionnelle se détache d'une conception répandue de la place des humains dans le monde: le dualisme de sujet et objet. La pensée dualiste affirme que les êtres humains sont des agents subjectifs qui manipulent un environnement objectifié. Dans cette conception erronée, la vie consiste en l'action des humains, alors que l'environnement est inactif, statique et n'est que le réceptacle de la manipulation humaine. De plus, le dualisme de sujet et objet créé une séparation conceptuelle du passif et de l'actif, de l'inanimé et de l'animé, et échoue donc à voir le fait que notre monde est interconnecté. La pensée interactionnelle, elle, n'est pas dualiste; au lieu de voir les sujets humains et les objets environnementaux comme des catégories distinctes, elle les conçoit comme inséparables et s'influençant constamment l'un l'autre. De par ce fait, la pensée interactionnelle refuse la conception statique du monde comme la somme de sujet et objet, mais favorise plutôt une conception où le monde est en fait composé des processus dynamiques des organismes en interaction avec leur environnement. En d'autres termes, la pensée interactionnelle déplace délibérément le curseur de la séparation d'organisme et environnement à l'interaction entre organisme et environnement. C'est est un bond épistémique important! *** Je crois qu'un changement d'attitude de nos sociétés contemporaines vis-à-vis de l'environnement ne peut se produire sans la réalisation antérieure que la vie de l'organisme humain est un processus continu d'interaction. Ainsi, pensée interactionnellement est avant tout comprendre que sa vie est en fait le processus d'interaction avec l'environnement, quoi que ce dernier puisse être. La compréhension que l'on est en interaction continue permet de changer ladite interaction. Cela permet aussi d'échapper à l'essentialisme et au fatalisme qui règnent sur nos attitudes environnementales - vous avez sûrement déjà entendu la chanson "on ne peut rien faire, on n'est pas responsable de cela, alors profitons de la vie pendant qu'on le peut", c'est à cela que je me réfère ici. Dans ce contexte, penser interactionnellement est la première étape dans la modification de notre impact sur l'écosystème global et sur ses sous-écosystèmes. *** La pensée interactionnelle implique une transformation profonde de nos attitudes vis-à-vis de l'environnement, vis-à-vis de "ce-qui-n'est-pas-moi." Cette transformation intellectuelle doit prendre place à un niveau personnel comme institutionnel. Concrètement, passer du dualisme de sujet humain et objet environnemental à l'interactionnalité d'organisme et environnement est loin d'être évident, mais il y a des choses que l'on peut faire à un niveau personnel. Une autre manière de penser interactionnellement est d'arrêter de visualiser ce qui vous entoure comme une surface. Cela induit faussement un sentiment qu'en tant qu'être vertical, vous êtes différent du plan horizontal des choses. De plus, penser le monde comme une surface laisse de côté l'atmosphère - et nous savons grâce à la météorologie qu'elle influence profondément nos vies quotidiennes - et la croûte terrestre - encore, nous sommes plus ou moins conscients de la tectonique de notre planète et de comment elle nous affecte. Au lieu d'une surface, vous devriez essayer de mentaliser le monde qui vous entoure comme un volume, dans lequel les processus ne sont ni horizontaux ou verticaux, mais multidirectionnels. Pour résumer, à un niveau personnel, la pensée interactionnelle est vraiment la compréhension que vous faîtes partie du monde, de l'environnement, et donc que vous n'en êtes pas séparé. La pensée interactionnelle peut être atteinte en déconstruisant les raccourcis linguistiques qui présentent sujet et objet comme des entités dissociées et distinctes. Cela implique une profonde compréhension des processus qui régulent les phénomènes, notamment le processus de la vie. Manifestement, il ne peut être nié que la vue dualiste de la vie est confortable et plutôt plaisante. En effet, il en découle un sentiment de contrôle sur l'environnement et un déni de ce qui est effrayant ou inimaginable. De plus, cette vue dualiste nous libère de plusieurs aspects de notre monde que nous n'avons pas forcément besoin d'avoir à l'esprit constamment. Dans nos sociétés contemporaines, nous sommes libérés des nécessités de connaître l'environnement afin d'y survivre; nous avons simplement besoin de connaître les règles et régulations des différents compartiments artificiels et spatiaux dans lesquels nous vivons. En un sens, les sociétés contemporaines vivent une simulation d'environnement, un simulacre environnemental. Le problème réside dans le fait que les transports, les télécommunications, l'industrialisation et l'urbanisation nous ont donné le pouvoir d'altérer l'écosystème global à une vitesse gigantesque mais avec un contrôle minimal. Très facilement, notre impact sur le monde a énormément excédé notre contrôle sur lui. C'est pourquoi la vision dualiste ne peut plus fonctionner - elle n'a jamais complètement fonctionné, mais maintenant c'est encore plus flagrant: il est en effet maintenant impossible de mesurer exactement les effets de notre mode de vie sur la planète, et c'est un grand danger. *** Ce que la pensée interactionnelle offre est la capacité - grâce à la connaissance de l'interconnexion du monde par l'interaction entre organisme et environnement - de changer de mode de vie; ce n'est pas une question d'avoir plus de contrôle sur l'environnement, mais d'avoir plus de contrôle sur notre interaction avec l'environnement. Il est bien plus facile de changer la façon dont nous vivons, que de changer ce qui a déjà été fait à l'écosystème global. Une façon de changer les choses est donc d'apprécier et d'acquérir la connaissance de notre implication dans le monde, ou en d'autres termes, de penser interactionnellement.